Le Carnaval de Nice Côte d’Azur, France

LE CARNAVAL DE NICE CÔTE D’AZUR

Le carnaval de Nice est le plus grand carnaval de France et l’un des plus célèbres au monde. C’est l’événement phare de la Côte d’Azur en hiver. Les défilés carnavalesques, magnifiés par des éléments d’animation sur la Place Masséna, se composent de 17 chars. Ces parades géantes et colorée se déroulent de jour comme de nuit et sont animées par plus de 1 000 musiciens et danseurs venus du monde entier.

Les batailles de fleurs sont une composante du carnaval à ne pas manquer. Sur des chars décorés par de superbes compositions florales, des personnages vêtus de costumes extravagants lancent à la foule des fleurs, gerberas, lys et des brins de mimosas.

Quand : du 11 au 25 février 2017.

Affluence : 11 parades présentées par 1 000 musiciens et danseurs du monde entier.

Durée : 15 jours.

Principal attrait : la parade des fleurs.

Durée de la parade : 2 heures.

Distance parcourue : 1 km.

Prix : entre 12 et 26 euros.

Température moyenne : 15°C.

Niveau de difficulté : 2/5.

Historique : La tradition du carnaval nous ramène au Moyen-Âge. L’étymologie du mot « carnaval » la plus communément retenue est « carne levare » qui se traduit par « enlève la chair ». À cette époque, les Niçois, avant de jeûner pendant 40 jours, selon la tradition chrétienne du Carême, profitaient d’une cuisine riche et copieuse. Cette période festive était accompagnée d’une série d’animations : bals, mascarades, danses, farandoles, feux de joie, exhibitions diverses. Il était alors de mise de se moquer de tout et de tous aux dépens de chacun, caché derrière des masques, protégé par des déguisements et ce, jusqu’au Mardi-Gras, au cous duquel on brûle sa Majesté Carnaval en mer. Ces réjouissances remontent à 1294, lorsque Charles d’Anjou, Comte de Provence, signale avoir passé à Nice « les jours joyeux de Carnaval ».

En 1830, un premier cortège fut organisé en l’honneur de Charles-Felix et de Marie-Christine, souverains du Royaume de Piémont Sardaigne. La trentaine d’équipages défilant pour le roi et la reine annonçait le futur déroulement du carnaval. Jusqu’en 1872, la fête bat son plein dans les rues de Nice, au gré des inspirations de chacun : la foule déguisée se bombarde de confetti en plâtre, de farine et d’oeufs. Le confetti en plâtre, appelé également « confetti italien » utilisé parallèlement au confetti de papier sera finalement interdit à Nice en 1955.

Le carnaval de l’ère moderne : En 1873, le Niçois Andriot Saëtone fonde le « Comité des Fêtes » qui, sous le patronage de la municipalité, organise et donne de l’ampleur aux festivités. Des cortèges de chars, des tribunes payantes, une mise en scène structurée… font leur apparition. Ainsi, le 23 février 1873, Carnaval 1er entre dans la ville, le carnaval moderne est né. Alexis Mossa et son fils Gustav Adolf y apportèrent, jusqu’en 1971, une étonnante particularité où l’actualité se mêle au grotesque et au fabuleux, réalisant des chars beaucoup plus spectaculaires.

Le 14 février 1882, Sa Majesté « Triboulet » fit une entrée triomphale dans la cité : le modeste pantin de paille et de chiffons, jusque-là spectateur immobile sur la place de la Préfecture, participe pour la première fois au cortège, trônant sur le « Char royal » identique à celui d’aujourd’hui. Il réalise le premier char de sa Majesté Carnaval en 1882 et lui adjoint Madame Carnaval en 1893. Les cortèges se déroulent au coeur de la ville empruntant une dizaine de parcours différents. Sitôt les animations terminées, la fête se prolonge alors dans les quartiers ; de petits chars créés pour l’occasion deviennent les symboles des festivités. Les premières et secondes guerres mondiales ont empêché Carnaval de régner durant plusieurs années.

En 1991, Carnaval devait être « Roi des Fous », mais la Guerre du Golfe l’oblige à renoncer également… Depuis un demi siècle, des manifestations traditionnelles accompagnent le carnaval. À cette époque, fut créé le bain du carnaval devenu le « Carnastring » et plus tard d’autres activités comme la course des garçons de café, « Carrnacourse » et la « Carnasocca » dégustation du plat traditionnel niçois, la Socca.

Spécificité de la bataille de fleurs : Certains confondent carnaval et bataille de fleurs, corso carnavalesque et corso fleuri. Les batailles de fleurs sont parmi les fêtes les plus belles et les plus renommées de Nice et de la Côte d’Azur. La première bataille de fleurs à laquelle les Niçois assistèrent eut lieu au cours de l’hiver 1830, à l’occasion du séjour à Nice du roi Charles-Félix, venu passer l’hiver à Nice, « pour y jouir de son doux climat ». Il précéde ainsi dans la tradition, les souverains et princes russes, anglais, allemands qui séjourneront à Nice. L’habitude de jeter des fleurs pendant les défilés de carnaval perdura au cours du siècle. Alphonse Karr, le poète jardinier, souhaite alors vivement qu’il y ait de véritables défilés de chars fleuris. Son vœu fut exaucé quelques décennies plus tard.

C’est ainsi, qu’en 1874, le carnavalier Jean Cuggia, auteur du char de « la Paix », utilisa, avec ses amis, pour une seule journée de corso, près de 15 000 bouquets de fleurs ! En 1876, Andriot Saëtone créa, à l’instigation d’Alphonse Karr et du Comte de Cessole, la première bataille de fleurs sur la Promenade des Anglais.

Sans nul doute, les incidents qui émaillèrent le carnaval de 1875, influencèrent la séparation de la fête carnavalesque en deux parties différentes :

  • Les défilés carnavalesques, avec les batailles de confetti eurent lieu alors Cours Saleya, place de la Préfecture et rue St-Francois de Paule.
  • Les défilés de voitures élégamment fleuries, avec batailles de fleurs, se déroulèrent quant à elles, sur la Promenade des Anglais.

D’un côté, la fête populaire décontractée et, de l’autre, la fête apollinienne, esthétique, où défilait « l’élite » de la société. D’autres villes de la Côte d’Azur suivirent l’exemple de Nice. Cannes inaugura sa première bataille de fleurs en 1898.

À Menton, en 1895, des hôteliers proposent à la municipalité de créer un défilé carnavalesque. Ce carnaval particulier celèbre chaque année le citron de Menton. Tous les chars et sculptures présentés au carnaval sont créés à partir de citrons et d’oranges. L’exemple niçois inspira également Isabelle, fille de Pedro II du Brésil, qui organisa à Rio le premier défilé de voitures fleuries pour célébrer l’abolition de l’esclavage.

Nice est aussi à l’origine de la célèbre parade fleurie de Pasadena (Tournoiement of Roses) (USA) qui fut créée en 1890 par Francis Rowland, après qu’il ait assisté à la bataille de fleurs de Nice. L’on comprend mieux ainsi le prestige de cette fête niçoise à la « Belle Époque » et sa renommée internationale.

C’est ainsi que le « Carnaval de Nice » devrait parader en Chine au mois de mai de cette année. Ce sera le « Carnaval de Nice » en Chine ! Il défilera quasiment au grand complet, avec des chars du corso 2017, des grosses têtes, des troupes d’art de rue et des chars de bataille de fleurs, sur le bord de la mer de Xiamen, ville jumelle de Nice.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *