Carnaval de Rio de Janeiro, Brésil

LE CARNAVAL DE RIO DE JANEIRO

À l’occasion de plusieurs jours de folie précédant le Mercredi des Cendres, Rio la violente et l’inégalitaire tente d’oublier la pauvreté et les problèmes de survie. Le carnaval donne l’impression d’un vaste défoulement collectif, où les Cariocas de tous horizons et de tous milieux sociaux se retrouvent pour faire la fête. Le carnaval de Rio est une incroyable fusion de l’Entrudo, entre tradition carnavalesque lusitanienne, valse et polka européennes, processions religieuses, rythmes et percussions importés par les esclaves africains. Sur ce melting-pot culturel s’est greffée la samba, introduite en 1917, devenue le pilier de la vie culturelle carioca.

Quand : du 24 février au 4 mars 2017.

Durée de la parade : 8 heures.

Distance parcourue par le défilé du Sambadrome : 550 m.

Prix : 80 Réals.

Température moyenne : 35°C.

Niveau de difficulté : 5/5.

Affluence : Environ deux millions de personnes sortent chaque jour dans les rues de Rio pour admirer les performances de quelques 200 écoles de Samba et 300 troupes de quartier.

Durée : Cinq jours, du vendredi au mardi. Les deux parades principales, qui voient défiler les meilleures écoles de Samba, ont lieu le dimanche et le lundi. La cérémonie d’ouverture se déroule le vendredi.

Principal attrait :

  • Chaque année pendant quatre jours et trois nuits, les élèves des écoles de samba défilent au sein du Sambódromo (allée colossale bordée de gradins) vêtus de costumes multicolores et délirants, tout de strass et de paillettes, qui ont été confectionnés pendant l’année passée. Une école est élue reine du carnaval.
  • Dans les quartiers aussi, c’est la fête à tous les coins de rue. Dès le petit matin et jusque tard dans la nuit, les blocos, de petits ensembles musicaux de quartiers, paradent joyeusement.

Histoire : Le carnaval a été introduit au Brésil par les colonisateurs portugais au XVIe siècle à travers les célébrations de l’Entrudo. L’Entrudo est une fête archaïque célébrée au Portugal, qui remonte au Moyen Âge et consiste en une série de distractions variées, de village en village. Ces festivités marquaient l’entrée dans le Carême (en latin « introitus » signifiant entrée). L’un des divertissements préférés de la bourgeoisie brésilienne au XIXe siècle consistait à se jeter mutuellement de l’eau parfumée. Cette coutume serait aujourd’hui à l’origine du lancer de confettis. À la fin du XIXe siècle, de petits groupes appelés Cordões (littéralement, les cordons, en quelque sorte les ancêtres des actuelles écoles de samba). Ils déambulent dans les rues de la ville de Rio de Janeiro, tout en dansant et en jouant de la musique. « Ô Abre Alas » (Chiquinha Gonzaga, 1899) serait la première chanson composée exclusivement pour le carnaval. Le titre est évocateur d’une scène du carnaval, où un groupe de Mascarados, défilant dans les rues, essaie de se frayer un passage au milieu de la foule.

Les influences africaines sur le Carnaval

En Italie, de façon générale, les anciens carnavals étaient des bals masqués où les costumes avaient la part belle. Cette tradition s’est rapidement étendue aux autres pays d’Europe, dont le Portugal, expliquant ainsi l’apparition du carnaval au Brésil. Les esclaves africains amenés sur le continent américain par les portugais participèrent aux carnavals et eurent une forte influence sur son développement. Les africains utilisaient des masques et des costumes faits de plumes, d’os, d’herbe, de pierres, et d’autres éléments afin d’invoquer les dieux et chasser les mauvais esprits. Tous les symboles de ces anciennes coutumes africaines sont aujourd’hui des éléments de base dans la conception des costumes du Carnaval de Rio.

L’introduction de la Samba au Brésil et la naissance des Écoles de Samba

La danse et la musique samba sont associées aux carnavals brésiliens depuis 1917. La Samba, qui trouve son origine en Afrique de l’Ouest et en Angola en particulier, fut introduite au Brésil par les esclaves qui puisaient, dans cette musique, un réconfort durant les périodes d’adversité. Avec l’abolition de l’esclavage, nombre de ces esclaves migrèrent vers le sud du pays jusqu’à Rio pour s’installer dans des endroits comme Prace Onze et Cidade Nova, qui devinrent les principaux centres d’implantation de la culture musicale et de samba. Alors que la samba gagnait en popularité, des compositeurs, musiciens, et danseurs se rassemblaient régulièrement pour faire la démonstration de leurs talents, entraînant ainsi la formation de clubs et d’associations qui entrèrent en compétition les uns contre les autres. Ces groupes furent à l’origine des Écoles de samba et de la première parade de samba officielle qui se déroula en 1932. Le goût grandissant pour la samba développa l’esprit de compétition qui mena à la création de l’Association des Écoles de Samba de la ville de Rio de Janeiro, de nos jours, entité organisatrice des parades de samba du Carnaval de Rio. En 1928, « Deixa Falar » fut la première école de samba à être formée. Depuis cette époque, les écoles de samba ont évolué, année après année, pour constituer de grandes organisations qui ressemblaient à des compagnies modernes. Les écoles sont équipées de grandes infrastructures qui leur permettent de se préparer dans de bonnes conditions pour chaque Carnaval. Chaque école possède un groupe de supporters dévoués qui constitue une organisation bien structurée. La plupart d’entre elles a un un rôle d’association auprès des communautés défavorisées de leur quartier.

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: le cœur du Carnaval de Rio

Jusqu’en 1984, c’est sur l’avenue Marquês de Sapucaí, l’une des plus vieilles rues de la ville de Rio, que se produisirent les parades du Carnaval. Cependant, la popularité de ces festivités nécessita la construction de structures en béton de chaque côté de la rue. Celles-ci furent conçues par Oscar Niemeyer, et constituent aujourd’hui le Sambadrome qui accueille chaque année les principales parades du Carnaval de Rio. Chaque année, des milliers de danseurs, chanteurs, et musiciens des écoles de samba portent le Carnaval à un niveau supérieur dans le Sambadrome avec un spectacle de costumes flottants, de déguisements traditionnels et de concerts de percussions. Les écoles de samba ont chacune 85 minutes pour produire une performance grandiose et somptueuse, résultat d’une année d’efforts. Le dimanche et le lundi sont les deux jours les plus importants où les douze écoles s’affrontent dans le stade pour le titre de champion. Des milliers de touristes du monde entier affluent à Rio de Janeiro pour assister aux parades de samba et aux fêtes, dans le pur style brésilien. L’évènement est télévisé à travers le monde pour ceux qui ne peuvent pas se rendre sur le lieu de la plus grande fête planétaire. La parade samba du Sambadrome, pour laquelle chaque participant occupe une place bien définie, est un chef d’œuvre d’organisation. Ces écoles présentent des thèmes différents chaque année. De ce fait, les représentations du Carnaval de Rio sont uniques, année après année. Au fil des ans, costumes et démonstrations ne sont jamais identiques, ce qui les rend d’autant plus intéressant. L’entrée dans le Sambadrome est payant. Il est cependant possible d’assister, gratuitement, aux répétitions qui se déroulent chaque semaine précédant le carnaval.

 

O SAMBÓDROMO

Les origines africaines du Carnaval de Rio font ressortir de manière évidente la provenance des costumes exotiques élaborés à partir d’os, de plumes, et de paillettes. Bien sûr, la samba est aujourd’hui la composante principale des festivités du Carnaval. Les descendants des esclaves africains jadis amenés par les Portugais, développèrent la samba, qui fut rapidement adoptée par tous les brésiliens. Beaucoup de noirs affranchis s’installèrent autour de Rio après l’abolition de l’esclavage, expliquant ainsi pourquoi, de nos jours Rio, est au cœur de la culture de la samba.

C’est pourquoi, lors du défilé du carnaval, différents groupes des écoles de samba se produisent. Les écoles des trois meilleurs groupes (groupe spécial, groupe A et groupe B) défilent dans le sambodrome, les autres (groupes C à E) défilent dans les rues de Rio. Un classement est rendu public le mercredi suivant le carnaval. Les deux meilleures écoles de chaque catégorie accèdent au niveau supérieur, tandis que les deux dernières rétrogradent (un peu comme au football). La première école du groupe spécial est déclarée championne, la seconde vice-championne. Les défilés du groupe spécial, ainsi que l’annonce des résultats, sont retransmis en direct à la télévision.

Enredo : Chaque école choisit un thème pour son défilé (l’enredo). Les thèmes abordés sont très divers, en voici quelques exemples : Minas Gerais, Amazonie, Bahia (régions du Brésil), histoire du Brésil, histoire de l’humanité, vision du futur, sécurité routière, l’ADN. Ce thème sert de fil conducteur au défilé sur lequel la samba do enredo est écrite et qui sera reprise ad libitum pendant le défilé. Les costumes et les chars allégoriques doivent aussi le reprendre.

Calendrier des défilés : Les défilés au sambodrome s’étalent sur quatre jours :

  • Le vendredi, défilent les mirins des écoles de samba, c’est-à-dire les enfants,
  • Le samedi, défilent les écoles du groupe A,
  • Le dimanche et le lundi, défilent les 12 écoles du groupe spécial;
  • Le mardi, défilent les écoles du groupe B,

Ces défilés ont lieu de nuit, de 21 heures à 6 heures du matin. Mais, compte tenu du retard accumulé les différentes écoles, la dernière défile ainsi au petit matin… Ces défilés sont une sorte de compétition sportive à l’issue de laquelle est désignée l’école championne. Chaque école doit se soumettre aux règles strictes édictées et doit, de ce fait, parcourir l’intégralité du sambodrome en un temps limité (entre 65 et 82 minutes). Le samedi suivant le carnaval, les six écoles en tête du groupe spécial défilent à nouveau dans le sambodrome, pour le défilé des Champions.

Organisation du défilé : Dans les écoles du groupe spécial, environ 3 000 personnes costumées, défilent. Ces participants sont répartis dans les ailes, ainsi que sur les chars allégoriques. Pendant toute la durée du défilé, les participants doivent reprendre en chœur les paroles de la samba de enredo et danser sur sa musique, tout en veillant à ne pas perdre d’éléments de son costume (chapeau, cape…). Si ces conditions ne sont pas respectées par l’ensemble des participants, l’école risque de perdre des points et d’avoir un classement inférieur.

Critères de classement des écoles : À différents endroits du sambodrome, se trouvent des juges qui doivent noter le défilé selon différents critères :

  • adéquation du défilé avec le thème choisi (enredo) ;
  • samba do enredo ;
  • harmonie (tous les participants doivent chanter l’enredo en rythme avec le chanteur de l’école) ;
  • impression d’ensemble ;
  • évolution du défilé (les différentes composantes du défilé doivent en permanence occuper toute la largeur de la piste);
  • comissão de frente ;
  • porte-drapeau et mestre-sala ;
  • batterie ;
  • costumes ;
  • chars.

Pour chaque critère, cinq juges attribuent à chacun une note de 8 à 10. Les deux notes les plus hautes et les plus basses de chaque critères sont écartées. La somme de l’ensemble des notes donne la note finale de l’école, déterminant ainsi son classement.

 

OS BLOCOS

Février est là ! Le carnaval attend juste au coin de la rue, prêt à remplir la ville pendant les cinq jours officiels de la fête. Il commence officiellement le vendredi, lorsque les écoles de samba du Groupe A ouvrent les défilés au sambadrome. Mais, depuis le début du mois, les blocos (street parade group) ont déjà pris place dans les différents quartiers de Rio. Ces concerts combineront la samba, la marchinha et tous les rythmes courts. Plus de 400 blocos proposeront des défilés tout au long du mois de février et début de mars. Des marchinas classiques, à la samba enredo et la samba de roda, il y a des blocos qui transformeront n’importe quel type de musique en un rythme idéal pour le carnaval. À Rio, le carnaval débute dans les rues de la ville avec les bals pré-carnavalesques, les défilés des batucadas et des blocos.

Ces défilés commencent bien avant le carnaval, les premiers se tenant plus de trois semaines avant le début officiel des festivités. Les Blocos et les Bandas sont des équipes de personnes qui organisent des fêtes accompagnées de musique et de danse défilant accompagnés de personnes déguisées. Quand cette musique comprend des instruments de basse, ils sont appelés Bandas. Leur histoire remonte à la fin des années 1800 où les Cordoes furent créés. Ces clubs organisaient des défilés accompagnés de musique locale, de danses chorégraphiées, qui restaient cantonnées dans les limites de leurs quartiers respectifs.

Les Blocos et les Bandas se sont développés à partir des Cordoes, et bien qu’ils n’organisaient pas eux-mêmes les défilés, jouer de la musique restait l’un de leurs attributs. La musique des Blocos et des Bandas : Avant que la Samba ne soit ajoutée à la musique des Blocos, la Marchinhas, musique de polka était le genre de musique pratiqué par les bandes. La Samba, qui n’a cessé de gagner en popularité, a presque complètement remplacé la Marchinhas, il ne reste que quelques rares Blocos et Bandas pour encore en jouer. Pendant le Carnaval, les Blocos louent des camions pour transporter leurs chanteurs et musiciens dans les rues des quartiers. Les fêtes de rue commencent dès le mois de janvier et continuent jusqu’au dimanche qui suit le Carnaval.

Les plus grands Blocos de Rio : Cordao do Bola Preta est le plus grand Bloco dont les fêtes sont suivies par plus de 200 000 personnes pendant le Carnaval. Simpatia e Quase Amor accueille la seconde plus grande fête qui rassemble chaque année près de 100 000 personnes. Monobloco, autre grand Bloco, organise ses fêtes sur l’Avenida Rio Branco attirant près de 800 000 personnes. La plupart des grandes fêtes de rue a lieu sur l’Avenida Rio Branco, la plus grande rue de la ville de Rio de Janeiro. On peut mieux apprécier la musique et la danse des Blocos lorsqu’on se joint à eux dans leur progression. Toutefois, il est tout à fait possible de profiter de l’ambiance sans se mêler au défilé.

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